Parfums rares introuvables / Very hard-to-find fragrances

(Read the English version below)

Alors que de nombreuses créations n’ont pas encore trouvé leur public, le marché des parfums de niche ne cesse de se développer. Une frustration tant pour les professionnels que pour les consommateurs.

On en parle sur les blogs et parfois dans la presse magazine : cette nouvelle marque rare a tout pour susciter l’intérêt des fans de parfums. Ces passionnés disposent d’un budget parfum important et sont la cible idéale… Mais près des chez eux, aucune boutique ne vend les produits de cette marque !

C’est un des constats que nous avons effectué en interrogeant notre panel de consommateurs passionnés de parfum – dont certains dépensent plus de 2000 euros de parfum par an.

Les marques de niche interrogées le reconnaissent : elles privilégient l’export, où elles réalisent l’essentiel de leurs ventes.

Pour les points de vente hors Paris, difficile de ne vendre que des marques nouvelles et peu connues, il faut souvent une marque “historique” comme diptyque, Serge Lutens, L’Artisan Parfumeur ou Cire Trudon pour avoir un point de vente viable. Résultat : pas de place pour toutes les nouvelles marques qui se lancent.

Au-delà de la frustration de ne pas pouvoir sentir et acheter toutes ces nouvelles marques (et collections de parfums de grandes marques), se pose la question de la pertinence des modèles de distribution et de communication :

Les marques de parfums alternatifs doivent privilégier le contact direct avec le consommateur via leur site internet.

Elles doivent proposer à la vente des sets d’échantillons pour permettre de tester leurs parfums quel que soit l’endroit où on habite. Cela va au-delà du service client. Une marque que nous avons interrogée explique que près des 2/3 de ceux qui achètent des échantillons sur son site achètent ensuite un parfum sur le même site.

Mais pour cela, les marques de parfums rares doivent générer du trafic vers leur site.

Donc être présentes sur Internet. Oui, mais avec quelle stratégie ?

De nombreuses marques de niche sont vendues sur Amazon. Mais est-ce que cela permet aux consommateurs de sentir avant d’acheter ?

De même, être visibles sur Instagram leur permet-il vraiment de faire tester leurs produits à de nouveaux consommateurs ?

Par ailleurs, de nombreuses marques privilégient le développement produit en négligeant les aspects distribution et communication.

Ainsi par exemple pour quelques marques de parfums de niche, y compris premium, aucune personne n’a posté d’avis sur le site Fragrantica quelques mois après le lancement. Sur ce site où les avis de parfums se comptent par centaines de milliers, cette constatation est inquiétante. Il est vraisemblable que très peu de personnes ont pu sentir lesdits parfums. En bref ces parfums existent sur Internet mais la distribution physique est trop faible.

Une piste intéressante pour les marques de niche est de faire des consommateurs des ambassadeurs en utilisant leurs avis sur leur boutique en ligne ou les réseaux sociaux.

Mais certaines n’ont pas le temps, déjà occupées au prochain parfum qui sortira dans quelques mois, à la collection premium souhaitée par tel grand magasin… Ou au prochain salon où il faut absolument avoir quelque chose de nouveau à présenter.

Et si on prenait le temps de bien vendre ce qui existe déjà ? La problématique est différente de celles des marques sélectives (qui espèrent que le prochain parfum réussira à intégrer le top 20 et à s’y maintenir).

Quant aux nouvelles marques de niche qui arrivent sur un marché surchargé, le concept et les parfums sont-ils suffisamment différenciants et originaux ? Pas sûr.

> Marques de parfums, points de vente : et si l’on continuait la discussion ?

un marché surchargé sur Internet aussi / a crowded market on the Internet as well

 

While many fragrances have not yet found their audience, the niche market continues to grow. This causes frustration for both professionals and consumers.

Blogs and magazines are enthusiastic about this new fragrance brand… Although it arouses the interest of perfume fans, close to home, no shop sells its fragrances. It’s a pity because these consumers spend a lot of money on perfumes and therefore they are the ideal target.

This is one of the observations we made by asking our panel of fragrance enthusiasts – some of whom spend more than 2000 euros of perfume per year.

Many niche brands admit it: they prefer to focus on export, where they realise the bulk of their sales.

For perfumeries in the provinces, it is difficult to sell only new and little-known brands. It is often necessary to sell a “historic” brand such as diptyque, Serge Lutens, L’Artisan Parfumeur or Cire Trudon to have a viable point of sale. As a result, there is no room for new brands.

Beyond the frustration of not being able to smell and buy these new brands (and fragrance collections), the question of the relevance of distribution and communication models should be considered:

Alternative fragrance brands should favor direct contact with the consumer via their website.

They must offer samples for sale to test their perfumes regardless of where people live. It goes beyond customer service. A brand that we interviewed explains that nearly 2/3 of those who buy samples on its website then buy a perfume on the same website.

But for this, niche brands must drive traffic to their website.

So be present on the Internet. Yes, but with what strategy?

Many niche brands are sold on Amazon. But is it possible for consumers to smell before buying?

Being on Instagram is important for niche brands but does it enable new consumers to test their fragrances?

In addition, many brands favor product development and neglect the distribution and communication aspects.

For example, for some niche brands, including premium brands, nobody has posted any comment on Fragrantica several months after the launch. On this website where there are hundreds of thousands of perfume reviews, this observation is alarming. It is likely that very few people have been able to smell these scents. In short these perfumes exist on the Internet but the number of outlets is too small.

An interesting track for niche brands is to turn consumers into ambassadors and use their reviews on their eShop or on social networks.

But some brands don’t have time, already occupied with their next perfume, the premium collection demanded by such department store… or with the next trade show where it is absolutely necessary to have something new to unveil.

What if we took the time to sell what already exists? The problem is different for selective brands (which hope that the next fragrance will succeed in integrating the top 20, and will remain in this ranking).

As for new niche brands – which arrive on a crowded market, are the fragrances and the concept original enough? Not sure.

> Brands, retailers: let’s continue the conversation!