Un parfum a-t-il besoin d’être cher ?

suddenly madame glamour_pub lidl

Plusieurs initiatives récentes ont montré que l’on pouvait créer de jolis produits à prix doux. Les consommateurs apprécieront. Mais cela doit sans doute aussi inciter les marques à s’interroger sur leur offre.

Parmi les raisons pour lesquelles le marché du parfum est en baisse, il y en a une qui revient fréquemment : le prix. Un certain nombre de consommateurs interrogés admettent en effet ne pas être satisfaits du rapport qualité-prix des parfums : « trop chers », « toujours plus chers », « plus chers mais moins bons qu’avant », etc.

Bien sûr les clients ont toujours la possibilité d’acheter un flacon plus petit ou de préférer une autre marque qui propose un coffret ou une promotion par exemple. Mais à Noël ou à la fête des pères, il y a aussi ceux qui préfèreront offrir autre chose qu’un parfum, notamment un produit hi-tech (iPhone, liseuse…). En période de crise, la perte d’attractivité des parfums contribue à faire baisser les ventes en parfumeries sélectives.

Restent certaines initiatives intéressantes, souvent hors du sélectif. En blind test, certains parfums proposés en grande surface ont d’ailleurs des résultats étonnants.

Ainsi en Angleterre, Lidl a fait tester un de ses parfums, Suddenly Madame Glamour, face à Coco Mademoiselle. Une majorité des testeuses a préféré Suddenly Madame Glamour, un parfum pourtant vendu à peu près 4 euros.

sprays bien etre

En France, on peut saluer le travail effectué par la marque de colognes bien-être. Les fragrances vendues autour de 6 euros ont été créées par Michel Almairac et Sidonie Lancesseur, deux parfumeurs habitués à travailler avec des marques sélectives mais aussi de niche. Le prix est surprenant, mais le résultat, très subtil, l’est également.

Ce questionnement du prix a aussi été formulé en maquillage et en soin par Yves Rocher, une autre marque accessible qui a réussi à monter en gamme ces dernières années.

prix doux_yves rocher

Par rapport à d’autres pays, notamment les Etats-Unis, il n’y a pas véritablement d’offre intermédiaire en France entre la parfumerie sélective et la GMS.

La plupart des propositions alternatives récentes sont d’inciter les consommateurs à aller vers le premium ou la niche. Mais quid de ceux qui trouvent que les parfums sont trop chers ?

Cacharel s’est justement posé la question. Dans les années 80, la marque proposait son parfum Anaïs Anaïs à des prix beaucoup plus bas que la moyenne. En 2014, Cacharel a décidé de s’adresser aux adolescentes en leur proposant un flanker d’Anaïs Anaïs, Premier Délice.

Le prix indicatif de lancement est 29,90 € les 30 ml. Soit à peu près 9 euros de moins que Nina (Nina Ricci) et 17 de moins que La petite Robe noire (Guerlain)*.

Si le succès est au rendez-vous, l’expression ‘à prix doux’ devrait assurément faire son retour sur le point de vente.

(*) prix sephora.fr au 06 mai 2014

photo d’entête : lidl.co.uk