Tendance parfum : animalité fantasmée

La Panthère de Cartier

Tigre, panthère, léopard : les marques de parfums se réfèrent fortement au registre animal. Mais les odeurs animales sont-elles pour autant mises en avant ?

Une tendance forte est observée actuellement en parfumerie : l’animalité. Avec La Panthère, Cartier crée un parfum hommage à son animal fétiche. Celui-ci avait déjà donné lieu en 1986 à Panthère, un oriental-floral capiteux qui n’avait pas rencontré le succès.

En 2014, Cartier a de grandes ambitions pour La Panthère, un parfum plus chypré dont le flacon sculpté de l’intérieur constitue une prouesse technique (photo d’entête).

En termes de packagings justement, l’animalité est remise en avant depuis quelques temps. Les motifs léopard, tigre ou serpent suivent la mode observée en matière d’imprimés textiles. La tendance a été renforcée par le relancement en 2012 des parfums Roberto Cavalli, pour lesquels packagings et publicités arborent des imprimés animaux. Les parfums Dali s’en sont inspirés avec Dali Wild (‘sauvage’ en anglais), au motif léopard sur le flacon et l’étui.

Cavalli va plus loin en proposant un parfum nommé Tiger Oud -celui-ci est plutôt réservé au Moyen-Orient. Avec Ambre Tigré, Givenchy propose également une référence au tigre. Le parfum s’inscrit dans la collection premium L’Atelier de Givenchy.

ambre tigre, dali wild, jasmin fauve

Ambre Tigré (Givenchy), Dali Wild (Salvador Dali), Jasmin Fauve (Ex Nihilo)

Mais toutes ces fragrances revendiquent-elles pour autant des notes animales ? Eh bien non. Ou alors de manière suggérée. Le bois de oud ou les muscs de synthèse apportent une dimension animale. Tout comme l’absolu jasmin ou le patchouli. Plusieurs marques utilisent d’ailleurs l’expression ‘la plus animale des notes végétales’, l’ingrédient lui-même pouvant varier.

Ce n’est pas forcément un paradoxe car les consommateurs comme les marques n’aiment pas entendre parler de l’usage de notes animales dans les parfums. Quant aux ‘notes animales-végétales’ telles le oud, mais aussi par exemple le cumin, elles ne plaisent qu’à un petit nombre de consommateurs.

La tendance globale est donc davantage une animalité fantasmée. Elle joue sur des valeurs de mystère, de séduction, parfois d’interdit ou de danger. Certes, elle rappelle aussi le caractère animal de l’homme et de la femme. Mais d’une manière luxueuse et idéalisée.