Le parfum demain : nouvelles émotions, nouveaux rôles

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Comment se parfumera-t-on à l’avenir ? Les parfumeries seront-elles plus respirables ? L’olfaction sera-t-elle davantage valorisée ? Et les nouvelles technologies se mettront-elles à leur tour au parfum ? Pour le savoir, embarquement olfactif vers le futur.

Nouveaux gestes parfumés

Désormais, pour se parfumer à la maison, on peut utiliser une colonne à parfums. On pénètre dans l’espace clos quelques secondes et le parfum se répand délicatement sur le corps. Un diffuseur branché à l’extérieur permet de choisir le parfum que l’on désire voir micronisé.

Celles et ceux qui ont la peau sèche peuvent choisir l’adjonction d’agents hydratants. La machine propose également l’ajout de poudre de soie végétale, de vitamines ou d’agents antimicrobiens ou antioxydants. Cette technologie, baptisée Parure, a également offert aux consommateurs d’autres moyens de se parfumer. Plusieurs couturiers proposent ainsi de concevoir une garde-robe encapsulée de microbilles parfumées au choix avec son parfum préféré, ou pour quelques marques prestigieuses, avec des créations sur mesure. Le parfum permet actuellement de supporter quarante lavages ou cycles de pressing des vêtements.

Des parfumeries plus agréables

Fini les magasins irrespirables. Dans les parfumeries, l’air est aujourd’hui quasiment exempt de molécules de parfum. Une prouesse étonnante grâce à de nouvelles techniques de micronisation. Sur le présentoir, on effleure une touche du doigt, et quelques microgrammes de parfum sont diffusés. On peut ainsi respirer pleinement les parfums sans que ceux-ci se mêlent à l’air ambiant. Un filtre graphite-silicium inclus dans le plafond des points de vente permet d’assurer une absorption et un recyclage total en quelques secondes des molécules de parfum. Les parfumeries, que les consommateurs boudaient dans les années 2000 et 2010, sont aujourd’hui des lieux de loisirs très appréciés.

Odeurs à télécharger et à enregistrer

Un nouveau service, baptisé EmoScent, est désormais disponible sur les téléphones et les ordinateurs. Celui-ci permet de télécharger en quelques secondes une des 1500 essences enregistrées dans la base de données. En partenariat avec les différentes parfumeries en ligne, on peut ainsi respirer, noter et acheter les créations du marché. Autre prouesse d’Emoscent : enregistrer avec son téléphone une odeur à un moment donné et l’enregistrer sur la carte pyx du téléphone. Un click permet de reproduire à l’infini un parfum de vacances ou celle d’une recette de cuisine… L’ajout synchronisé de l’image et du son par le procédé permet une reproduction étonnante quasiment à l’identique de l’instant capturé.

Bien-être et customisation parfumée

Depuis quelques années, les nouvelles automobiles à injection d’hélium-hydrogène ne rejettent désormais plus de vapeurs polluantes dans l’atmosphère : l’air au sein des voitures est ainsi beaucoup plus agréable. Et, en fonction de l’humeur du passager, détectée par le véhicule, l’habitacle peut-être automatiquement parfumé.

Agrumes pour la concentration, lavande et santal pour la relaxation et même des parfums du marché si on le souhaite… Ce procédé connaît également un grand succès en bijouterie notamment grâce à la Scent Watch. Cette montre diffuse automatiquement des quantités infinitésimales de parfum au contact de la peau en fonction de l’état de stress ou de fatigue. Concernant les téléphones ou les ordinateurs portables, après les fonds d’écran et les sonneries personnalisées, on peut désormais aussi offrir à son appareil un fond olfactif. Un moyen unique de le customiser.

Parfum, culture et mémoire

Assister à un concert olfactif, choisir un programme parfumé sur sa télévision : le parfum est également devenu aujourd’hui un loisir. Au-delà de ce nouveau rôle ludique, le parfum a également acquis une reconnaissance culturelle.

A ce sujet, le MINEO (Musée International Eco-Olfactif), projet décidé à la fin des années 2040, ouvrira ses portes conjointement dans dix villes du monde. Initié par plusieurs gouvernements et avec l’appui culturel notamment du MOMA à New York et du Centre Pompidou à Paris, ce musée permettra de découvrir un nombre impressionnant d’odeurs (plus de quinze mille références pour l’instant) dont on a en quelque sorte capturé l’ADN olfactif. Lieu de découverte et de culture, le musée possèdera également une fondation dont l’ambition à long terme est de recenser l’intégralité du patrimoine olfactif de l’humanité, y compris les odeurs aujourd’hui disparues.

Quel plaisir de se remémorer ces parfums de végétaux, d’objets ou de lieux qui désormais n’existent plus !

 
Lire aussi la première partie de ce dossier : ‘Odeurs du Futur’

 

adaptation d’une conférence et d’un dossier écrit pour OSMOZ