Odeurs du Futur…

Quelles innovations le parfum nous réserve-t-il demain ? Nouveaux ingrédients, découvertes technologiques, pistes créatives… un dossier d’anticipation olfactive entre réalité et fiction.

Découvertes spatiales et atmosphériques

Dans les années 2050, les récentes avancées technologiques ont permis au parfum d’explorer de nouvelles facettes créatives jusqu’alors inexploitées. Suite aux récentes expéditions effectuées sur Mars et Vénus, le ‘minéral’ et les éthers atmosphériques sont devenues deux tendances fortes dans la palette du parfumeur. Parmi ceux-ci, Aryx est un extrait de terre rouge au parfum assez atypique. Très riche en oxydes de fer, ce minéral ultra léger développe un parfum ambré métallique apportant une nouvelle dimension aux parfums boisés et orientaux.

terre de mars

Recherche géologique et chimique

Découvert dans une pierre de lave de plusieurs millions d’années dans lequel il était piégé, le Vulkalium est quant à lui une fine poudre gris bleu dont les effluves évoquent tout à la fois l’odeur des cheveux et l’encre, un composé que l’on utilisait jadis pour écrire. Le travail des chercheurs a par ailleurs permis de découvrir de nouveaux éléments chimiques dont le galaxium et l’odysium, deux gaz incolores dont on a pu capter les odeurs à des conditions de pression et de température bien définies. Le galaxium possède une saveur menthée, poivrée à la fraîcheur incandescente presque électrique. L’odysium dégage une odeur fine et intense évoquant à la fois le sel et la sève de tilleul. Ces deux composés, aujourd’hui encore très chers à produire en laboratoires sur Terre, sont présents dans plusieurs créations luxueuses sorties dans la seconde moitié du 21è siècle.

Parfums de végétaux disparus

La fonte des glaces qui s’est accrue depuis une dizaine d’années a entraîné la découverte de variétés de plantes qui étaient totalement disparues jusqu’alors. Leur analyse génétique a permis, grâce à un procédé baptisé Genessence, de reconstituer plusieurs souches végétales réintroduites par la suite en milieu naturel. Les parfumeurs bénéficient grâce à ce procédé de nouvelles huiles essentielles aux parfums inédits. Cette technique a notamment permis de reproduire le parfum d’un merisier et d’un lys rouge mis au point par le jardinier de Catherine de Médicis au 16è siècle. On retrouve leurs senteurs exceptionnelles dans les parfums de la marque ‘Jardins Oubliés’, qui a reçu de nombreux prix, dont un de la Fragrance Foundation pour cette prouesse.

Plus proche de la Nature

Autres tendances très en vogue et ce depuis plusieurs années : l’écologie et la biodiversité. La ‘Collection Forêts’, nouvelle bibliothèque olfactive de la marque ‘Sens & Essences du Monde’ connaît actuellement un succès prodigieux. Cette ligne aussi bien pour femmes que pour hommes compte seize créations reproduisant fidèlement le parfum de différentes variétés d’écorces de bois de la planète. Ces produits s’utilisent indifféremment sur la peau ou dans l’atmosphère. La marque vient de signer un accord avec ‘La maison des cafés et thés’, la talentueuse et prospère coopérative qui promeut le commerce équitable à l’échelle mondiale depuis plus de vingt ans. L’essor de ces marques va tout à fait dans le sens du fort attrait des consommateurs pour les nouvelles lignes de parfums et de soins garantis en extraits biologiques.

Effluves biodégradables

Les créations des parfumeurs se font également plus respectueuses de l’environnement, notamment depuis le protocole Kyoto 3. L’ajout de composés inodores dans les formules des parfums permet d’assurer une totale biodégradabilité au contact de l’air au bout d’un an. Par ailleurs, les récentes découvertes de nouveaux muscs d’origine végétale offrent aux parfums une plus longue tenue : désormais seules quelques gouttes suffisent !

Nouvelles techniques d’extraction

Ceux qui rêvent depuis des années d’un parfum qui change avec le temps, l’humeur ou le taux d’ensoleillement sont en passe de voir leur souhait exaucé. Le travail de recherche conjoint des parfumeurs et des scientifiques a en effet permis d’initier une nouvelle technique d’extraction des végétaux : le Flower-vive. Ce procédé innovant et totalement écologique capture la fleur dans son état vivant et permet à l’essence de voir son arôme évoluer au fil de la journée. Ainsi la fleur fait également évoluer tout entier le parfum qu’elle compose. Ceci en fonction du moment de la journée, de la lumière, ou de l’état de celui qui se parfume. Des études sont cours pour appliquer la technique du Flower-vive à des destinations lointaines. Les scientifiques s’intéressent ainsi aux parfums de l’humus de la forêt guinéenne et des végétations sableuses du désert d’Atacama.

Cette nouvelle expression du règne végétal saura assurément réjouir les consommateurs des parfums à l’avenir.

 
Découvrez la suite de cet article : ‘Le Parfum demain : nouvelles émotions, nouveaux rôles’

 

adaptation d’une conférence et d’un dossier écrit pour Osmoz