Avec plus de 800 nouveaux parfums recensés annuellement, il est facile de se sentir dépassé. D’année en année, ce chiffre augmente, et sentir toutes les nouveautés est devenu impossible. Dans les grandes maisons de composition elles-mêmes, les parfumeurs critiquent le rythme trop élevé des lancements. Cependant, rien ne semble fait pour ralentir le rythme. Ou presque, les parfums qui échouent disparaissent finalement des rayons, de plus en plus vite eux aussi…
Le livre ‘Fragrances of the World’ de Michael Edwards recensait 815 nouveautés (monde) en 2007 contre près de 600 l’année précédente. Ce nombre très élevé est principalement le fait des nombreuses éditions limitées, de nouveaux acteurs parmi lesquels les parfums de célébrités, mais aussi de l’apparition de nouvelles marques, parfois ultra confidentielles.

Fragrances of the World édition 2009
S’il devient difficile, même pour les spécialistes, de tout sentir, il faudra s’y habituer, car rien n’est fait pour ralentir le tempo.
Si la grande diversité des lancements est bénéfique, le rythme très élevé des lancements risque, lui, d’être dommageable aux marques qui n’ont pas les moyens de suivre la cadence ou de soutenir commercialement leurs lancements.
De plus en plus de voix, y compris, chez les parfumeurs, se font entendre pour dire qu’il y a énormément de parfums. A ce rythme, 1000 parfums par an sera sans doute bientôt une réalité.

La crise aura t-elle une influence sur la baisse des lancements ? Rien n'est moins sûr.
adaptation d’un dossier écrit pour OSMOZ
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Mots-clefs : économie olfactive, égéries et célébrités, flankers, marques alternatives, trop de parfums
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6 commentaires
2 novembre 2009 à 00:02
1000 lancements risquent d’être surtout dommageables aux marques qui se complaisent dans la médiocrité…
2 novembre 2009 à 15:50
De plus, j’ai l’impression que, de plus en plus, comme en couture ou en prêt-à-porter, les marques lancent des collections et non des fragrances uniques (Dolce & Gabbana Anthology, Les Heures de Parfum de Cartier, la Collection Extraordinaire Van Cleef & Arpels…). Cela ne va pas dans le sens d’une réduction du nombre de nouveautés parfumées.
31 décembre 2009 à 15:48
Oui : on lance, on diversifie, on multiplie…. mais bien souvent dans le doute et la non prise de risque. Diversifier sans lancement de réelles nouveautés, en déclinant le même flacon dans divers dégradés de couleurs n’est pas, à coup sûr, un modèle de réussite. Que deviendront d’ici 2 à 3 ans ces « flankers »…. artéfacts de création moyenne qui comme un aveu se déclinent dans leurs doutes ?
Marc Touati, Open D
11 janvier 2010 à 20:48
Ce qui me fait mal c’est de voir un surnombre de nouveautés au détriment de chefs-d’oeuvre qui vont disparaître, pour soit-disant faire de la place !
En effet, rien que chez Guerlain, les somptueux Chant d’Arômes et Attrape-Coeur sont sur la sellette. En toute humilité je pense que, à ce rythme là, Guerlain y laissera son âme….
Ces monuments de la parfumerie font partie du patrimoine culturel français, les faire volontairement disparaître, c’est se saborder, non ?
12 janvier 2010 à 13:04
A coup sûr, c’est perdre une partie de son identité, mais c’est aussi une évolution vers un discours plus moderne. S’ils sont réellement les piliers emblématiques de la marque, il est fort a parier, qu’un jour ou l’autre, ils reviendront sur le devant de la scène, soit en série limitée, soit dans un design réactualisé.
Marc Touati, Open D
12 janvier 2010 à 20:33
Oui c’est sûr. C’est ce qu’ils font déjà avec leur collection Les Parisiennes* : 170 euros les 125 ml !
ndlr : (*) Dans cette collection, le disparu Mahora est devenu Mayotte, Coriolan : L’Ame d’un héros, etc. Voir la page Guerlain réservée à cette collection.